J+11 - 19 Janvier 2007 - Mayou's side

Publié le par Mayou & Neric

Comme vous avez pu le voir hier, Eric, Martin et Kim sont partis à Leshan voir le plus grand Bouddha du monde. Pour ma part, comme je suis déjà allée à Leshan auparavant, j'ai simplement choisi de passer un peu de temps à visiter la ville de Chengdu.

D'un point de vue extérieur et même si le quartier tibétain où est situé notre hôtel est charmant- j'avais toujours pensé que Chengdu était une grosse ville, trop moderne pour que je l'apprécie.

Après cette visite d'une journée, mon avis est définitivement modifié ! Ce jour-là, je suis partie très tôt. Mon premier objectif était de trouver le marché des herbes (médicinales et aromatiques). Sur mon chemin, j'ai croisé le parc Baihuatan et je n'ai pas pu m'empêcher d'entrer! Partout sur le parcours, de la musique, des gens, retraités pour la plupart, en train de faire du tai-chi-chuan, de la danse avec des éventails, de la danse de couple...

                                     

Dans les coins un peu plus sauvages, des chinois s'exerçant soit au saxophone, soit à des instruments traditionnels chinois. Il y a également un grand bassin où l'on peut louer des cannes à pêche et savourer le temps en espérant attraper quelques poissons pour le dîner ! Dans certains recoins du parc, on se croirait seul au monde, de petits ruisseaux glougloutent, des rochers marquent la voie et des herbes sauvages ont poussées. Ce parc m'a donc beaucoup ému, D'une part, du fait des gens adorables qui voulaient me faire danser ou autres, mais  aussi car le parc offrait une véritable invitation à la méditation et au repos.

Après ce charmant interlude, je suis repartie à la recherche du marché aux plantes (wukuaishi 五块石)… Les rues de Chengdu sont très animées, beaucoup de personnes circulent et vendent de tout ! J’entre dans une petite ruelle… on se croirait dans la vieille ville hormis un énorme building, avec grillages aux fenêtres (comme les cages que les chinois utilisent pour leurs oiseaux). Les chinois circulent à vélo et y achètent fruits et légumes…

Dans ce coin, on trouve de tout mais de marché aux plantes point du tout ! Ma carte n’est pas très précise et certaines personnes me disent d’aller dans l’avenue n°3, d’autres dans la n°11 et enfin le reste dans l’avenue n°5… Je décide de passer à un autre objectif… tant pis pour ce marché ! En route pour le Parc du Peuple (Renmin Gongyuan 人民公园). Il faut préciser que pour aujourd’hui, j’ai décidé de tout faire à pied… c’est sur ça prend plus de temps mais ça me permet aussi de voir beaucoup plus de cette ville et de saisir comment les gens y vivent. Pour cela, quoi de mieux que de se mêler aux habitants, de marcher avec la foule et d’observer tout ce qui se passe. Une amusant rencontre a eu lieu de cette manière d’ailleurs… sur le chemin pour le Parc du Peuple, un jeune homme m’arrête en me disant que j’ai l’air perdu… Il me dit, je vous ai déjà vu ce matin deux fois dans la même rue (hé oui, je cherchais toujours les fameuses avenue à numéro pour trouver le marché aux plantes). Il veut m’emmener sur sa mobylette pour le Parc du Peuple. Mais je lui dis que je préfère marcher !

Trêve de plaisanterie, il commence à faire faim ! J’achète quelques mantou chez un marchand. Celui-ci fait tout pour ignorer mon tour (les chinois sont au final bien pire que les français pour ce qui est de faire la queue et d’attendre son tour).  Une charmante grand-mère me prend en pitié et engueule le marchand pour qu’il respecte mon tour. Sur ce une idylle d’amitié se créée instantanément entre la grand-mère et moi. Elle m’emmène au Parc du peuple (par les raccourcis pour que je n’ai pas à payer les 2Y de l’entrée !J) et pendant le chemin me raconte toute sa vie. Il faut avouer que je n’ai pas compris un mot de ce qu’elle disait puisqu’elle m’a elle-même fait comprendre qu’elle ne parlait pas le putonghua (elle ne sait parler que le dialecte de la province du Sichuan pas la mandarin). De toute façon, je ne crois pas qu’elle comprenait un traître mot de ce que j’essayais de lui dire en chinois. Ca ne l’empêchait pas de papoter et papoter sans s’arrêter ! J.

Nous voici arrivé au Parc du peuple, la petit mamie me laisse pour son cours de Tai-chi-chuan… Le parc se compose d’une rocaille parsemée de bonsaïs, d’un terrain de jeux, pour enfants, de plusieurs bassins et du monument aux martyrs du Mouvement de protection du chemin de fer (1911). Cet obélisque orné d’aiguillages et de rails, commémore le soulèvement de la population contre les officiers qui avaient détourné l’argent levé pour la construction de la ligne Chengdu-Chongqing. Ce n’est pas la plus belle partie du parc… Les bassins, eux, sont comme de petits jardins, fermés du reste du par cet ils sont souvent à thème. Il y a par exemple le bassin avec les orchidées, ou on peut voir des pots d’orchidées partout, même suspendus dans les airs. Le bassin remplis de poissons rouge, tous plus gros les uns que les autres !  Et, devinez qui je croise, assis sur un banc… ce charmant garçon de tout à l’heure, celui qui disait que j’avais l’air perdu et qui voulait m’emmener en motocyclette ! Qui a dit que la Chine était grande J ! Il m’invite pour une tasse de thé dans une des plaisantes maisons de thé qu’abrite le parc ! Ici aussi, on assiste au cours de tai-chi-chuan, de danse de salon, et même de chant ! Il y a aussi quelques attractions pour les plus jeunes.

Les chinois lisent le journal dans la rue...

Grands et petits apprécient le cerf-volant... 

Après avoir visité le parc de bout en bout, je pars en direction du marché aux fleurs et aux oiseaux (Qingshiqiao Market 青石桥市场)… Erreur funeste de ma part ! Les plantes sont jolies, les oiseaux de même. On y vend même des céramiques et grands pots chinois, mais… on y vend aussi tous pleins d’animaux de compagnie. Et là, ça devient plus dur. Si j’avais pu je les aurais tous ramené, tous ces jolies petits chats et chiens en cage ! Certains sont trognons et ne valent rien, 10 yuans le petit chat (1 euros) !!!! Je finis par m’enfuir pour ne pas succomber. Près du grand Tianfu Square abritant une statue de Mao, un Carrefour va bientôt ouvrir… J’ai failli y aller, voir si je pourrais ramener quelque chose de bon aux autres…  mais non il est bel et bien fermé pour le moment… dommage (une bonne baguette, avec du jambon, du saucisson, ou du vin, on n’aurait pas dit non ! Alala, je vous jure on est pas français pour rien J).

Je pars direction du temple Wenshu (Wenshu Yuan 文殊院 5Y) cette fois. La rue dans laquelle se trouve le temple a été récemment restauré et ressemble aux rues traditionnelles, toutes en bois. Il y a énormément de boutiques et d’échoppes de toutes sortes. Pourtant, ces rues toutes refaites et donne un bizarre sentiment impersonnel. On prend plus de distances sur ce que l’on voit. La rue est devenue plus une rue à touriste qu’une curiosité en soi, où l’on aurait aimé plonger avec joie. On peut même voir, de jolies dames en tenues traditionnelles, enfermées dans une vitrine de boutique, comme dans une cage de verre, payées pour faire des tapisseries devant le flot de touristes, s’arrêtant comme devant des animaux de zoo. Il ne manquait que les cacahuètes !

!  Le temple Wenshu est un monastère qui date de la dynastie Tang et représente le lieu de culte bouddhiste le plus vaste et le mieux conservé de Chengdu. A l’origine connu sous le nom de temple Xinxiang, il fut rebaptisé du nom d’un moine qui y vécut à la fin du XVIIIème siècle.  Ce temple vaut vraiment le détour, l’architecture y est extrêmement soignée. Des bas-reliefs sont à admirer ainsi que les bâtiments et statues. Un peu partout sur les colonnes des temples, des graines ont été déposées et quantité d’oiseaux viennent picorer dans ce lieu qu’ils savent protecteur. Dans cette bulle hors la ville, seuls les pas des fidèles peuvent déranger.  Dans la partie habitée du temple, on passe au milieu des moines vaquant à leurs occupations. Les salles visitées servent vraiment à leurs rituels journaliers. En s’éloignant un peu, les jardins apparaissent, petits bassins, ponts et fontaines y sont présents ainsi que les quelques fidèles…

 

 

 

 

 

Vite, vite la nuit comment à tomber je vais être en retard ! Et oui, ce soir, nous assistons à l’opéra du Sichuan. Chengdu est en effet le berceau de l’opéra du Sichuan. Né voici deux siècles, ses caractéristiques principales sont les numéros comiques, les voix haut perchées, les rôles de travestis… Nous avons trouvé ce spectacle d’1h30 par l’intermédiaire de notre hôtel (90Y chacun). Le théâtre est en réalité, une des fameuses maisons de thé du temple Wuhou. Le spectacle nous a enthousiasmé, nous avons assisté à une représentation du Nao tai, musique traditionnelle de l’opéra sichuanais, composé de gong et drums. Puis, nous avons été époustouflé par la représentation d’ombres chinoises. L’ambiance était magique, au son d’une musique ensorcelante, nous avons assisté à la création de quantité d’animaux et de petites histoires poétiques entre ceux-ci. Nous avons ensuite pu admirer une caractéristique propre à l’opéra sichuanais qu’est la parodie ou comédie humoristique. Une femme essayait de punir son mari (ne s’investissant pas assez dans la vie familiale) et le mari tournait chacune de ses punitions au ridicule… L’acteur principal, en fait un clown acrobate, avait un charisme et des expressions faciales telles que point besoin de comprendre le chinois pour rire à gorge déployée. Nous avons également assisté aux performances de changement des masques (que vous avez pu voir dans la vidéo d’Eric). Parfois les poupées en plus de changer de couleurs de masques étaient également capables de cracher du feu ! Enfin, la représentation de marionnettes était tout aussi impressionnante. Le marionnettiste est présent sur scène et fait dansé sa marionnette comme si elle était réelle. Il ne cesse de nous impressionner par des numéros avec des mouchoirs, des fleurs… que la poupée rattrape, envoie, fait passer d’une main à l’autre… Mais maintenant il est temps de rentrer, le marchand de sable ne demande qu’à  passer et je pense que nous allons tous faire de beaux rêves, n’est-ce pas ? J

Publié dans Voyage en Chine

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